Au fond de la forêt, où le lièvre et le hérisson se rencontrent au clair de lune, se dressait une petite hutte sous de puissants chênes. Sept frères y vivaient. Comme ils étaient de petite taille, on les appelait les sept nains en souvenir du conte de fées connu. Ils n'étaient pas riches, mais ils vivaient dans l'harmonie et la paix. Ils avaient réparti entre eux les tâches quotidiennes de telle manière que chacun accomplissait le travail qui convenait à ses capacités. Les plus petits nains ramassaient des champignons et des baies, les plus grands coupaient du bois et l'entassaient derrière la hutte. L'un d'eux attisait le feu dans le poêle et un autre balayait la pièce, secouait les lits et préparait les repas. Chacun avait ses propres tâches et personne n'aurait pu imaginer que la vie paisible dans la hutte prendrait fin un jour.
Un jour, une jeune fille se perdit dans la forêt. Il faisait noir et il faisait très froid. La fille avait peur. Son cœur battait fort. Cependant, elle vit une lumière scintiller à travers les arbres. Elle s'en approcha, trébuchant plus qu'elle ne marchait, car dans l'obscurité elle ne voyait pas les racines. Finalement, elle se trouva devant la hutte des sept nains et frappa à la porte avec hésitation. Les nains étaient en train de mettre la table. Ils se demandaient qui pouvait bien vouloir être admis si tard. Le plus petit d'entre eux se précipita vers la porte. Lorsqu'il ouvrit, la plus belle fille qu'il eût jamais vue se tenait devant lui. Ses cheveux brillaient à la lumière comme de l'or pur, et ses yeux étaient d'un bleu profond comme le lac de la forêt, près de la petite hutte. L'effort et le froid avaient provoqué une légère rougeur sur ses joues. Les nains furent stupéfaits et en restèrent bouche bée. Il fallut un moment avant qu'ils n'invitent la jeune fille dans leur modeste demeure.
Là, ils couraient les uns autour des autres et cherchaient à se surpasser par leur zèle. L'un plaça une chaise près de la table, un autre apporta des assiettes et des cuillères, et ils invitèrent la jeune fille à prendre place. Pendant le repas, ils ne pouvaient détacher leurs yeux d’elle et avaient du mal à avaler une bouchée, tellement ils étaient charmés par sa beauté.
Les jours suivants, chacun tenta de l’impressionner par sa gentillesse. Tous voulaient paraître le plus intelligents, mais aucun n'était vraiment sage. Et tous voulaient être le plus grands. Cependant, comme ils étaient tous petits, même le plus grand d'entre eux restait un nain. Sans intention malveillante, la jeune fille attisa la jalousie parmi les frères en souriant tantôt à l’un, tantôt à l’autre. À cause de cela, des conflits s’introduisirent dans la petite hutte. La lutte pour la faveur de la fille mit les nains les uns contre les autres. Ils s’asseyaient encore à la même table, mais ils ne riaient plus, ne plaisantaient plus entre eux et n'étaient plus aussi proches qu'avant.
A cette époque, toutes sortes de personnes mal intentionnées rôdaient dans la forêt. Des commerçants frappaient presque chaque jour à la porte et demandaient à être admis. Ils voulaient vendre des ceintures, des peignes, des pommes acides ou d'autres choses inutiles. Les nains étaient déjà tombés plusieurs fois dans le piège d’offres malhonnêtes, et ils firent très méfiants envers quiconque frappait à la porte. Ainsi, lorsqu’un jour un autre coup, se fit entendre, ils n'ouvrirent la porte qu'un tout petit peu. Dehors se tenait un prince, grand et vêtu de somptueux vêtements. En chassant dans la forêt, il s'était trop éloigné de ses amis et ne retrouvait plus le chemin. Il avait soif après sa longue marche et demanda un verre d'eau. Les nains n'étaient pas ravis, mais ils ne pouvaient pas refuser sa demande et le laissèrent entrer.
Lorsque le prince eut étanché sa soif, il voulut remercier les nains et quitter la hutte pour continuer à chercher ses amis. Mais soudain, il vit la jeune fille. Il ne voulait pas en croire ses yeux: Il n'aurait jamais soupçonné qu’une telle beauté pût se trouver dans ce pauvre cabane. «Dans mon château », dit-il, »il y a beaucoup de femmes belles. Mais tu es mille fois plus belle qu'elles ». La fille rougit, et cela rendit son visage encore plus beau qu'il ne l'était déjà. Le prince lui demanda de venir avec lui dans son château et de devenir sa femme. La jeune fille n'avait pas oublié que les sept nains l'avaient accueillie, mais elle était lasse de l'envie et du ressentiment entre eux. Alors elle consentit, car elle trouvait elle aussi le prince charmant. Il la prit dans ses bras, la plaça sur son cheval et partit avec elle.
Les nains restaient seuls dans la hutte. Bien qu'ils avaient été sentis à l'aise lorsqu'ils vivaient encore paisiblement ensemble, la hutte leur semblait maintenant froide et vide. Chacun d'eux allait tout seul dans la forêt et rassemblait seul le strict nécessaire. Personne n'aidait pas l’autre, si le fardeau devenait trop lourd. Maintenant, ils s'assistaient dans la pièce froide, les coudes appuyés sur la table, le visage entre les mains, et boudaient.
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Published on e-Stories.org on 06.11.2025.
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